Fédération Française des Associations & Amicales de malades, Insuffisants ou handicapés Respiratoires

FFAAIR.ORG

Édito

BPCO : du Livre Blanc aux « régions en action »

 

Le 20 novembre dernier s’est tenu un grand débat national « pour une action forte contre la BPCO ». Il devait se tenir en présentiel au ministère de la Santé. La pandémie a contraint ses organisateurs et parties prenantes à l’organiser sous forme de web-conférence, sans la présence d’Olivier Véran. Le colloque a marqué l’aboutissement d’une mobilisation inédite lancée par les 5 associations (1) qui ont initié en 2017 la publication du Livre Blanc « faire de la BPCO une urgence de santé publique ». Parrainée par la députée de l’Eure Marie Tamarelle Verhaeghe, l’action a bénéficié du soutien institutionnel du laboratoire Chiesi. « Maladie très handicapante pour les patients, grave, voire mortelle sans prise en charge adaptée, la prise en charge de la BPCO est une véritable urgence alors que la maladie ne cesse de se répandre », ont fait savoir les co-auteurs du Libre Blanc, qui s’inscrit comme une contribution des patients et des professionnels de santé à un plan BPCO 2018-2022 qui attend toujours d’être mis en oeuvre. Ces derniers ont présenté 9 propositions pour s’attaquer à ce fléau qui concerne près de 8 % des Français, au premier rang desquels les fumeurs, et qui souffre à l’évidence d’un manque de prévention primaire et surtout de détection dans les rangs des professionnels de santé. Car seulement 30 % des patients BPCO sont identifiés comme tel dans les cabinets de médecine générale. Information, prise en charge et recherche sont les 3 axes majeurs que soutient le Livre Blanc, avec en préambule l’appel lancé aux autorités de santé à faire de la BPCO « une priorité de santé publique ».

BPCO : des actions en régions

Le colloque du 20 novembre a fait suite à trois années de travaux et des rencontres menés en région avec différents partenaires, professionnels de santé, patients et institutions régionales. Douze régions ont été mobilisées pour dégager en fin de parcours un « triptyque d’engagements » en vue de « rendre la BPCO la plus visible » possible, diagnostiquer précocement et mieux accompagner les malades dans le parcours de soins. « Ce travail a permis de dégager 24 actions concrètes dont 7 emblématiques », a souligné le Pr Nicolas Roche, ancien président de la SPLF.
L’étape suivante consistera à « décliner au niveau territorial » les objectifs fixés par le Livre Blanc, de concrétiser les actions retenues grâce au maillage territorial et de les valoriser ensuite au plan national. « Depuis 2017, on a obtenu des avancées, comme la mention de la BPCO dans la stratégie gouvernementale « Ma Santé 2022 », une campagne en 2019, la définition d’indicateurs de qualité du parcours de soins par la HAS et enfin ces débats en région », a commenté le Pr. Christophe Leroyer, président de la Fédération française de pneumologie (FFP) et pneumologue au CHU de Brest.

« La BPCO reste méconnue du grand public, mais aussi des professionnels de santé et des institutions, car cet acronyme compliqué demande de faire de la pédagogie », a déploré la nouvelle présidente de la SPLF, la Pr. Chantal Raherison, du CHU de Bordeaux. Cette dernière a rappelé « les racines pédiatriques de la BPCO – notamment chez les enfants souffrant d’asthme – et l’évolution épidémiologique de la maladie qui frappe désormais des personnes plus jeunes et surtout les femmes, à égalité avec les hommes, dans les rangs desquelles la BPCO est, ici encore sous-diagnostiquée et souvent détectée tardivement.

« L’épidémie de Covid-19 est venue percuter cette réalité », a ajouté la pneumologue.

Reste qu’aux yeux de tous les participants, les patients BPCO sont des personnes plus particulièrement fragiles et vulnérables, qu’un récent décret sur le chômage partiel avait initialement « oubliées ». Une traduction que la BPCO reste encore une maladie méconnue, y compris des tutelles. Pour le Pr Raherison, il importe donc d’avoir « un engagement politique pour le maintien des actions lancées » sur les régions. Ce qui est pour l’heure loin d’être acquis. Il reviendra donc aux parties prenantes de la trajectoire qui est partie du Livre Blanc pour se poursuivre dans les régions, de rappeler aux responsables en charge de la santé l’urgence de mieux prendre en compte et en charge les quelque 4 millions de BPCO que compte notre pays.

 

(1) Soit la FFAAIR, la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF), la FFP (Fédération Française de pneumologie), la Fondation du Souffle et l’Association BPCO (devenue Santé Respiratoire)

 

Les pistes pour demain :

Les intervenants de la rencontre du 20 novembre ont dessiné les solutions de demain pour améliorer la prise en charge des patients :

1) Sensibiliser : Conduire sur une base annuelle une campagne de communication nationale contre la BPCO.

2) Diagnostiquer : proposer l’expérimentation d’une consultation de prévention visant à favoriser le repérage de la maladie par les professionnels de santé de première ligne.

3) Accompagner : expérimenter des parcours de santé pilotes intégrant la réhabilitation respiratoire et l’inclusion dans la vie active en lien avec les acteurs médicaux-sociaux.

Ces propositions ont été présentées au cabinet du Ministre des Solidarités et de la Santé.

 

Le résumé du colloque est  accessible via le lien ci-après : https://vimeo.com/490651252

Télécharger le livre blanc

 


Trouver une association


Dernières Actualités

Toutes

Rechercher sur le site


© 2021 FFAAIR
Fédération Française des Associations et Amicales de malades, Insuffisants ou handicapés Respiratoires
Site web développé par KANYOO