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JNAS 2021 à Mulhouse : Les patients présents au rendez-vous annuel de la FFAAIR


Une cinquantaine de personnes se sont rendues samedi 2 octobre au rendez-vous annuel de la FFAAIR consacré sur la journée au syndrome des apnées du sommeil. Une suite de conférences leur a permis de mieux connaitre cette pathologie qui affecte plus d’un million de personnes en France, adultes et plus jeunes également. La manifestation a également été l’occasion de rappeler aux autorités de santé que la FFAAIR soutient pleinement les revendications des prestataires de santé en prise avec des déremboursements incessants.

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« Les nuits de quelque 1,4 millions de personnes souffrant d’apnées du sommeil ont, depuis quelques semaines, perdu en qualité », a souligné la présidente de la FFAAIR aux malades présents dans la salle de l’hôtel Bristol, à Mulhouse, où se tenait la JNAS. Fustigeant la gestion de la pandémie, Marie-Agnès Wiss a aussi fortement mis en cause l’attitude des autorités de santé plus enclines à rechercher des économies dans le secteur de la santé qu’à répondre aux besoins réels des patients. Car une fois encore, le gouvernement entend baisser le tarif de la prise en charge de la PPC payé aux sociétés de prestations à domicile, fragilisant ainsi un peu plus encore un secteur qui est en prise directe avec des millions de personnes soignées à domicile. « Est-ce parce que l’apnée du sommeil toucherait au total près de 3 millions de Français et que le gouvernement craint une explosion du montant de cette prise en charge », interroge encore la président de la Fédération. « Les coupes budgétaires successives ne peuvent que fragiliser l’équilibre économique de ces entreprises, voire leur survie ». Une raison pour laquelle la FFAAIR s’associera pleinement à la manifestation qu’organisent le 6 octobre les représentants des prestataires de santé pour protester contre les baisses de tarifs qui vont leur être imposées.

3 à 5 millions d’apnéiques du sommeil

« Entre 5 et 7 % des adultes et 10 % de la population des plus de 50 ans souffre d’apnées du sommeil », a rappelé le Dr Daniela Holtea-Souty en ouverture des JNAS. La France compte ainsi entre 5 et 6 millions d’apnéiques sur sommeil dont un million est équipé d’une machine à pression positive continue (PPC)/ Les symptômes sont désormais bien identifiés et des réponses thérapeutiques peuvent être apportées, dont la PPC qui est la réponse de référence. Décrite en 1972 par Christian Guilleminault, la maladie a vu apparaitre en 1981 la première machine à PPC, d’origine australienne et inventée par le Dr Sullivan. La pneumologue a précisé les différents degrés de sévérité de la maladie, selon le nombre de « pauses respiratoires » effectuées par heure durant son sommeil et rappelant quels signes devaient alerter sur le syndrome. Soit au moins deux critères non expliqués parmi les suivants : ronflement sévère et quotidien ; sensation d’étouffement ou de suffocation pendant le sommeil ; éveils répétés pendant le sommeil ; difficulté de concentration ; ou nycturie (>1 miction/nuit). Un enregistrement du sommeil viendra par la suite confirmer qu’il s’agit bien d’une apnée du sommeil et de quelle sévérité. « Le poids de l’individu doit aussi alerter sur le syndrome », a encore souligné le Dr Holtea-Souty. Car 60 % des apnéiques du sommeil sont obèses et 30 % des obèses ont un syndrome d’apnée du sommeil. Aussi, il sera conseillé de s’engager dans un régime alimentaire ainsi que dans la pratique d’une activité physique régulière. « Outre la perte pondérale, il faut également éviter les boissons alcoolisées le soir, le café et les boissons énergisantes après 16 heures, ainsi que les somnifères et surtout les écrans, quels qu’ils soient, le soir. » Respecter les horaires et se coucher à heure fixe sera ce qu’il y a de mieux à faire.

Une maladie dont on ne guérit pas

Ne pas traiter une apnée du sommeil présente des risques, a conclut la pneumologue. Des risques de maladies cardiovasculaires -hypertension, AVC, troubles du rythme cardiaque’, mais également des risques d’endormissement au volant et donc d’accidents de la route. Sans compte qu’une apnée du sommeil non traitée diminue les performances intellectuelles et engendre des difficultés tant au travail que dans la vie de famille. Peut-on dès lors en guérir ? « Non, car il s’agit d’une maladie chronique », note la pneumologue. « Le traitement améliore la qualité de vie mais ne permet pas d’en guérir. « Seule note positive au tableau : « la perte de poids peut entraîner une diminution des apnées ».

A droite le Dr Daniela Holtea-Souty expliquant le syndrome des apnées du sommeil

 



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