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Quels facteurs de risques peuvent conduire à une hospitalisation pour COVID-19 ?


Connaître les facteurs de risques médicaux et socio-économiques associés au risque d’hospitalisation pour COVID-19 et à celui de décès hospitalier, tel a été l’objet de la première étude de cohorte menée sur une population de 87 809 personnes hospitalisées pour COVID-19 entre le 15 février 2020 et le 15 juin 2020. L’étude révèle des données intéressantes sur les malades respiratoires.

Être âgé de de 85 ans et plus présente un risque d’hospitalisation pour COVID-19 plus de 5 fois plus élevé et un risque de décès à l’hôpital pour COVID-19 plus de 100 fois plus élevé par rapport à celles de 40-44 ans. Cette donnée a maintes fois été révélée dans les médias depuis le démarrage de la pandémie Covid-19 en février 2020. La récente étude EPI-Phare (1) rappelle cette donnée en mettant en évidence que les hommes sont plus à risque d’hospitalisation pour COVID-19 et de décès à l’hôpital pour COVID-19 que les femmes. Elle souligne également que ” la quasi-totalité des affections chroniques étaient positivement associées à des risques accrus d’hospitalisation pour COVID-19 et de décès à l’hôpital, à l’exception de la dyslipidémie qui était associée négativement.”

En 2018, 35% de la population française (66 millions d’habitants) étaient atteints d’une pathologie chronique, soulignent les rapporteurs de l’étude, qui permet par son effectif important d’identifier les caractéristiques sociodémographiques et les comorbidités associées à un sur-risque d’hospitalisation ou de décès pour COVID-19 en France.

47 maladies chroniques ont ainsi été étudiées et mises en relation avec le risque de développement d’une forme sévère de COVID-19. Elles ont conduit à 87 809 hospitalisations et à 15 661 décès hospitaliers. L’étude conclut que la grande taille de l’étude a permis une estimation précise du risque d’hospitalisation et de décès pour COVID-19 lié aux pathologies les plus courantes et une évaluation du risque lié aux pathologies moins fréquentes.

Le profil des malades chroniques hospitalisés

Au total, 66 050 090 d’individus ont été identifiés avec au moins un remboursement de soin de santé après le 15 février 2019. Leur âge médian était 43 ans ; il était de 70 ans pour les patients hospitalisés et 83 ans pour les patients décédés.

Sur l’ensemble des 66 millions de personnes analysées :

– 3,8 millions (5,8%) ont été identifiés comme diabétiques,
– 11,9 millions (18%) hypertendus,
– 6,7 millions (10%) dyslipidémiques ou traités par hypolipémiants,
– 5 millions (7,6%) avec une maladie cardiovasculaire,
3,5 millions (5,3%) avec une maladie respiratoire chronique
– et 4,3 millions (6,5%) avec un trouble névrotique ou de l’humeur ou faisaient l’usage d’antidépresseurs.

Sur les 3 522 735 personnes souffrant d’une affection respiratoire, 12 789 ont été hospitalisées pour Covid-19 en 2020, soit 0,36 % de l’ensemble. 3 064 personnes sont décédées du Covid-19 suite à cette hospitalisation. Ce nombre est important, mais il est loin derrière celui des personnes souffrant de maladies cardiométaboliques : 19 231 diabétiques ont ainsi été hospitalisés pour Covid et 4 798 sont décédées du virus à l’hôpital. Les malades souffrant d’hypertension (près de 12 millions de personnes) ont payé le plus fort tribut au Covid-10 : 43 544 patients ont ainsi été hospitalisés et 10 716 sont décédés du Covid à l’hôpital. Ce chiffres incitent donc à la prudence pour ceux qui souffrent de plusieurs pathologies associées et qui sont âgés.

Sur-risques d’hospitalisation

Les associations positives les plus fortes avec le risque d’hospitalisation pour COVID-19 ont été retrouvées chez des patients atteints de trisomie 21, de retard mental, de mucoviscidose, de transplantation pulmonaire, de transplantation rénale, d’insuffisance rénale chronique terminale en dialyse et de cancer du poumon actif“, souligne encore l’étude.

Au total, cette dernière révèle que la plupart des pathologies chroniques précitées et étudiées étaient associées à un sur-risque d’hospitalisation pour Covid-19 et de décès en milieu hospitalier pour ceux ou celles qui ont contracté le virus. Ce sur-risque se manifeste également chez les patients les plus défavorisés, suggérant que des facteurs sociaux (logement, nombre de membres du foyer familial, transport, profession,..) pourraient également jouer un rôle dans le développement d’une forme sévère de COVID-19.

Ces quelques données ne peuvent qu’appeler l’attention des patients souffrant de pathologies chroniques – dont les maladies respiratoires, asthme, BPCO ou FPI – à demeurer extrêmement vigilants face au Covid-19 et à ses nouveaux variants. Les gestes barrières sont plus que jamais recommandés et les réunions familiales doivent être conduites avec prudence et réduites au minimum tant que vous n’êtes pas vaccinés.

L’analyse qui sera réalisée en 2021 devra encore mieux nous éclairer sur l’impact de la pandémie sur ces mêmes populations de malades chroniques.

(1) Groupement d’intérêt scientifique (GIS) qui rassemble l’Agence nationale de Sécurité des médicament (ANSM) et l’Assurance-maladie (CNAM). Il réalise, pilote et coordonne des études de pharmaco-épidémiologie pour éclairer les pouvoirs publics dans la prise de décision. L’étude précitée porte sur le thème : “Maladies chroniques, états de santé et risque d’hospitalisation et de décès hospitalier pour COVID-19 lors de la première vague de l’épidémie en France: Étude de cohorte de 66 millions de personnes”, 9 février 2021



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