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Poncet ou l’éternel retour


Une nouvelle fois le président de la Fédération virtuelle des patients BPCO relance les polémiques dans le champ institutionnel et médiatique pour alerter tous les « incompétents » sur l’urgence qu’il y a de s’occuper de la BPCO qui concerne 3,5 millions de personnes en France. Ce n’est donc qu’un éternel début dans la lutte que mène Philippe Poncet pour enfoncer des portes largement ouvertes.

« Combat », « survie », « bataille », « champ de mine », « désastre »… les qualificatifs ne manquent pas chez France BPCO pour répéter à longueur de journée sur les réseaux sociaux que les BPCO sont abandonnés, délaissés, trahis, voire même tués (sic) par tous ceux qui agissent dans le champ sanitaire, social ou associatif depuis des décennies. Car pour mobiliser les BPCO, le petit poucet des malades BPCO sème sur sa route de la discorde un tas de gros cailloux qu’il entend, au moment qui lui parait le plus profitable, jeter à la tête de tous ceux qui, et ils sont nombreux, ne trouvent pas grâce à ses yeux.

Nous voici donc régalé d’une nouvelle salve et nos associations, peuplées de patients frappés de diverses pathologies respiratoires, sont qualifiées de « groupuscules nébuleux » et leur représentation accusée d’avoir contribué à une « défaillance globale » ( ?) que la fédération virtuelle des BPCO dénoncerait « depuis des années » ! Et comme il n’y avait personne sur la route pour réconforter les abandonnés du système de santé, le preux chevalier du monde respiratoire en a fait une cause plus noble et utile que toutes celles qui ont été conduites jusqu’alors !

Comme la FFAAIR ne réclame aucun monopole d’aucune manière sur aucune pathologie respiratoire, nous soulignons bien volontiers que la BPCO est une pathologie sur laquelle l’alerte a été sonnée il y a bien des années, tant par les médecins pneumologues et leurs sociétés savantes que par le monde des associations de patients, dont la FFAAIR. Des « tours de France » ont été menés, soutenus par les industriels du médicament, par les pouvoirs publics, par les régions, voire par des municipalités. L’Initiative mondiale pour les maladies pulmonaires obstructives chroniques (GOLD) a été initiée en 1997 ( !) et a alerté les Nations comme leur gouvernement sur les dangers du tabac qui, n’en déplaise à la maison Poncet, bien silencieux sur cette cause, est le principal facteur de BPCO. L’OMS le rappelle depuis des années : « Dans les pays à revenu élevé ou intermédiaire, le facteur de risque le plus important est la fumée du tabac ». D’autres causes s’ajoutent à cette première, mais elles n’ont pas le même poids. Nos gouvernements successifs ont engagé depuis des années des campagnes actives contre le tabac, et donc contre la BPCO. Mais ceci est également passé sous silence par l’ancien fumeur qu’est Philippe Poncet qui, étrangement, ne s’en prend jamais aux très puissants cigarettiers !

La fédération virtuelle de Monsieur Poncet se définit comme une « référent crédible, expérimenté et visionnaire » face à une pseudo « défaillance chronique de représentation des patients depuis 30 ans », voire de 40 ! « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » est devenu le leitmotiv et le socle de la fameuse stratégie – toujours annoncée, jamais précisée – de notre Don Quichotte de la Savoie. Mais il ne suffit pas de tisser des réseaux sur la toile avec les fils de la calomnie, de l’anathème et du mensonge pour transformer une affirmation en vérité. Notre monde institutionnel est ainsi fait qu’il faut aussi se frotter aux « agréments administratifs » pour prouver sa légitimité. Pour l’heure, la fédération virtuelle s’y soustrait habilement : l’affichage d’un conseil d’administration peuplé de bonnes volontés triées sur le volet n’est en rien la traduction effective d’une fédération en ordre de marche, représentative selon des critères objectifs (nombre d’adhérents à jour de cotisation, présence sur tout le territoire national, comptes financiers clairement établis, définition d’une feuille de route etc.), n’en déplaise à Monsieur Poncet.

Se réclamer de centaines de « contacts » sur les bonnes pages d’un réseau social bien contrôlé, qui n’accepte aucun débat contradictoire, qui ne développe que mensonges, invectives et vérités auto-proclamées, qui attise au besoin la haine, ne suffit pas aux autorités en charge des affaires sanitaires de ce pays. Ces dernières – président de la république, ministres interpelés – l’ont parfaitement signifié en ne répondant pas aux injonctions de cette fédération virtuelle qui pollue depuis des mois le débat public et ne contribue en rien à rassembler les malades pour la défense de causes de santé publique communes à tous.

Le dernier édito de Poncet cosigné par son équipe de bienfaiteurs s’achève sur un appel vibrant aux patients « acteurs et matière première de la BPCO ». Une « matière première » que le président de la fédération virtuelle veut entrainer dans son « combat », le seul mot qu’il connaisse à ce jour pour rassembler, non par « pour », mais bien « contre ». Et c’est bien le fond du problème et de l’impasse où il veut conduire les patients. Fédérateur ? certainement pas ! Diviseur, dans tous les cas !

Pour le bureau de la FFAAIR
La présidente



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