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BPCO nulle part ? France BPCO persiste dans le dénigrement


Il y avait l’appel du 18 juin ? Il y a désormais l’appel du 11 novembre. Le dernier brûlot de Philippe Poncet sur la page Facebook de France BPCO nous livre un lot de vieilles antiennes par lesquelles la fédération virtuelle de patients BPCO poursuit ses accusations publiques.

Avec une constance désormais bien ancrée dans son phrasé, Poncet persiste dans ses accusations : les patient(e)s BPCO sont abandonnés, laissé(e)s à eux-mêmes, condamné(e)s à mourir dans une indifférence sociale, sanitaire et médiatique généralisée. La pandémie Covid-19 aggraverait même leur cas et accélèrerait leur décès ! On n’est pas loin d’une exécution de masse ! Plus c’est gros, mieux ça passe ! La maison Poncet invite même, « face à un danger létal de cet ordre », de « mettre à l’abri les personnes à risques », en fléchant « au premier rang » les malades BPCO, « totalement ignorés depuis plus de 40 ans ». Les autres pourront attendre le prochain train !

Ainsi donc, à nouveau « personne ou presque » ne parlerait des malades BPCO dans notre belle France, leur vie serait même une « catastrophe », aggravée par la crise pandémique, « hors de contrôle » (!) En un mot, rien ne va plus. Ainsi donc, les services de pneumologie des hôpitaux du pays ne soignent pas de patients BPCO, les centres de réhabilitation respiratoires n’en accueillent pas ou plus, les médecins généralistes ne voient pas les patients BPCO parmi les fumeurs de leur patientèle et, enfin, les autorités en charge de la santé négligent totalement cette fraction de la population qui souffre d’une maladie respiratoire irréversible. Sans compter nos associations de patients peuplées de fantômes sans rapport avec le respiratoire. Il y a ainsi au total «défaillance systémique », c’est-à-dire qui participe d’ un système global défaillant ! Nous voici arrivé à un niveau supérieur de l’échelle de Richter de la santé publique revisitée par Philippe Poncet.

Pour autant, France BPCO poursuit sa campagne de presse pour faire valoir auprès des médias que les BPCO méritent une « existence médiatique ». Exister médiatiquement, à défaut d’exister réellement. Tout un programme. C’est la course à l’échalotte : augmenter sa part de marché en termes d’articles de presse définit pour la maison Poncet les critères de la (sa) représentativité et de la (sa) notoriété ! Pourquoi pas, puisque dans ce monde très numérisé, il faut faire beaucoup de bruit, surtout sur les réseaux sociaux, pour être sûr de mieux s’entendre soi-même. Une nouvelle version d’Alice au pays des merveilles somme toute !

Le Covid-19 et les dégâts que cause la pandémie viennent à point nommé pour conforter la thèse préférée de la fédération virtuelle de Philippe Poncet : « Confinez oui mais pas n’importe comment », écrit ce dernier, comme s’il y avait un tri sélectif à opérer parmi les personnes à risque. Et ce dernier de suggérer de mettre en place des « spécialistes du poumon » dans un « collège d’orientation et de décision » dont on peine à cerner la nature, ne connaissant à ce jour qu’un conseil scientifique en charge d’aider à la décision de nos gouvernants. Être épidémiologiste, médecin de santé publique, virologue ou infectiologue ne confère pas aux yeux de France BPCO le brevet de compétences scientifiques suffisant pour analyser la crise pandémique. Il faut y ajouter un « spécialiste BPCO » !

Mais pour quoi faire sur le fond ! Pour faire remonter à la surface les BPCO, « personnes les plus à risque », que le ministère de la Santé, selon la maison Poncet, « avait lui-même rayé de la carte fin août dernier » et que, toujours selon le même fin analyste, le Haut Conseil de Santé Publique, également ignorant de la réalité de la BPCO, avait même « oublié ». Voici donc la France peuplée d’incompétents et d’ignorants dans les plus hautes sphères de l’Etat comme dans les meilleures structures de la Santé publique du pays.

Mais comme chantait si bien Georges Brassens « la loi de la pesanteur est dure, mais c’est la loi ». Revenons donc un instant sur terre et lisons les excellentes études fournies par Santé Publique France, qui a analysé par le détail le nombre de décès survenus lors de la 1ère vague de la pandémie (1). L’excès de mortalité en lien avec l’épidémie de COVID-19 entre le 2 mars et le 31 mai 2020 en France se situe entre 25 000 et 30 000 décès en excès, nous dit Santé Publique France. Sur la période précitée et sur le nombre de personnes décédées avec une mention de Covid-19, dont on connait la cause effective du décès, 907 sont mortes d’une pathologie respiratoire (8 % des décédés), 502 d’une BPCO en particulier (4,6 %), 138 d’une insuffisance respiratoire chronique (1,2 %), 155 d’une apnée du sommeil (1,4 %) et enfin 69 d’asthme (0,6 %). Dans les rangs des BPCO décédés, les plus de 80 ans forment les 2/3 des effectifs et parmi ceux décédés d’une pathologie respiratoire, les plus de 60 ans forment 95 % des effectifs.

Si la BPCO est bien une pathologie qui mérite toute l’attention des médecins et des pouvoirs publics, ce qui est le cas depuis les années 90, il nous parait inutile, pour ne pas dire déplacé, de faire paniquer la population des malades concernés par cette pathologie. Avancer à longueur de post sur les réseaux sociaux que les patients BPCO sont les plus menacés par le Covid-19 est contredit par les faits. Ceux-là mêmes que France BPCO, jamais en reste d’une accusation pour attiser la discorde et entretenir les fake news sur les réseaux sociaux, travestit depuis bientôt deux ans. Se battre pour les malades est une noble cause, que défendent au quotidien nos associations de patients, la communauté des médecins traitants comme celle des pneumologues hospitaliers. Travestir les faits pour faire de l‘audience auprès de populations désemparées et prétendre être leur porte-parole a quelque chose d’indécent.

Le 20 novembre les partenaires historiques de la cause du respiratoire se réuniront pour évoquer les suites à donner au Livre Blanc « Faire de la BPCO une urgence de santé publique pour le quinquennat ». La rencontre marquera une étape de plus dans la lutte contre la BPCO, à laquelle tous les patients de bonne volonté sont invités à s’associer.

Pour le bureau,
La présidente de la FFAAIR

(1) Surveillance de la mortalité au cours de l’épidémie de COVID-19 du 2 mars au 31 mai 2020 en France – données de surveillance Juillet 2020
Santé publique France



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