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Journée Apnées du sommeil : les patients aveyronnais au rendez-vous de la FFAAIR


La Journée nationale des apnées du sommeil (JNAS), organisée à Rodez, au centre de formation de l’ADMR, a fait le plein samedi 3 octobre. Les patients, venus de tout le département, ont suivi avec attention et intérêt les six conférences qui leur étaient proposées sur l’ensemble de la journée.

Pari gagné pour la Fédération Française des Associations d’Insuffisants respiratoires (FFAAIR) qui organisait cette 15è rencontre en Aveyron, avec le soutien de l’ADIRA, de la Ville de Rodez et du Conseil Départemental, samedi 3 octobre dans les locaux de l’ADMR, avenue de la Gineste, à Rodez. A peine parue dans la presse locale, l’annonce de la manifestation a valu aux organisateurs de la journée une avalanche d’inscriptions, qu’il fallait cependant restreindre à un maximum de 40 personnes, selon le protocole imposé par la Préfecture à ce type de manifestation.

Des participants attentifs aux conférences

Les patient(e)s étaient donc une bonne quarantaine pour les séances du matin comme pour celles de l’après midi. Tous et toutes masqué(e)s et parfaitement discipliné(e)s, ils et elles ont suivi avec attention les conférences des professionnels de santé invités pour la circonstance à parler de l’apnée du sommeil chez l’adulte ou l’enfant, des bienfaits de l’activité physique ou de ceux d’une alimentation saine et équilibrée.


La matinée a été ouverte par le Dr Nathalie Raymond (photo), du pôle d’exploration des apnées du sommeil (PEAS) de Bordeaux, qui a rappelé en introduction que les apnées du sommeil concernent à ce jour plus d’un million de personnes en France. Après avoir souligné les rôles du sommeil pour tout un chacun et la fonction vitale de ce dernier, elle a précisé ce qu’étaient les apnées du sommeil – un rétrécissement du pharynx lié à un relâchement musculaire durant le sommeil – et les conséquences de cette pathologie sur notre organisme. “5 à 15 % de la population adulte selon l’âge est concernée par les apnées du sommeil et 9 patients apnéiques sur 10 sont des malades qui s’ignorent“, a précisé Nathalie Raymond. Elle a également listé l’ensemble des conséquences de cette pathologie sur la qualité de vie des personnes concernées, qui vont des maux de tête matinaux aux troubles de la concentration en passant par la somnolence diurne – avec ses risques d’accident sur la voie publique -, l’irritabilité, la dépression, les sueurs nocturne, le sommeil agité, la nycturie ou les troubles de la libido.

Des conséquences sur l’organisme

Elle a également indiqué l’impact de la maladie sur l’organisme, en particulier quand cette dernière n’est pas traitée. La liste est ici tout aussi impressionnante : troubles du rythme, hypertrophie du coeur, hypertension artérielle, trouble de la vue ou accident vasculaire cérébral. “On observe de surcroit une augmentation de la mortalité et de la morbidité cardio-vasculaire chez les apnéiques du sommeil sévères non traités (avec un indice de plus de 30 arrêts respiratoires par heure) “, a ajouté la pneumologue. C’est dire l’importance d’un diagnostic le plus précis et précoce possible de cette maladie. Elle a enfin également souligné que le syndrome des apnées du sommeil est souvent un facteur de risque indépendant du diabète (14,7 % de diabétiques dans les rangs des apnéiques du sommeil), la maladie favorisant de surcroit le surpoids (de 20 à 50 % des apnéiques sont en surcharge pondérale).
En conclusion, elle a exhorté les patients présents à éviter l’alcool et les somnifères, qui favorisent l’endormissement mais aussi les apnées, la prise de poids et modifient le sommeil. De même qu’elle les a encouragés a cessé de fumer, le tabac favorisant les apnées en majorant l’inflammation au niveau des voies aériennes supérieures.

L’apnée du sommeil : à surveiller aussi chez les enfants


La journée s’est poursuivie par les interventions des Dr Rachel Debs (photo), neurologue au CHU de Toulouse, et Dr Madiha Ellaffi, pneumologue libérale à Albi. La première a souligné que le syndrome des apnées du sommeil était fréquent chez les enfants obèses et heureusement rare chez l’enfant sans problème de poids (2 à 3%). Il se manifeste par des symptômes nocturnes identifiables (ronflements –sommeil agité –pauses/reprises respiratoires –sueurs –énurésie –mouvements de jambes –hyper-extension du cou), mais également par des symptômes diurnes (respiration buccale –infections ORL à répétition –réveil difficile/Somnolence –fatigue diurne –troubles de comportement tel l’hyperactivité ou l’agressivité –ou encore des troubles cognitifs). “La pathologie est détectée par une mesure du sommeil de l’enfant (polysomnographie) et son traitement relève d’une prise en charge multidisciplinaire, par un partenariat entre pédiatre, ORL, orthodontistes et spécialiste du sommeil”, a indiqué le Dr Debs.


“Les apnées du sommeil concernent de 2 à 5 % des enfants, avec un pic entre 2 et 6 ans“, a précisé de son côté le Dr Ellaffi (photo). Les facteurs de risque de cette maladie sont à rechercher dans la famille, du côté de l’asthme et des allergies, de la prématurité, de l’obésité ou encore du tabagisme passif, a encore noté la pneumologue. “Il faut connaitre et savoir que cela existe, y penser, bien observer les enfants et au besoin consulter des spécialistes“, a-t-elle ajouté. Quelques signes simples doivent ainsi alerter les parents, tels une respiration forte de l’enfant, des réveils nocturnes, des cauchemars répétées, un somnambulisme ou encore de l’énurésie (pipi au lit) ou une nycturie (envie d’aller faire pipi la nuit). D’autres symptômes sont encore associés à la maladie, tels la soif dans la nuit, la bouche sèche, la bave sur l’oreiller, des chutes du lit ou des réveils précoces. Le jour, l’enfant peut aussi manifester de l’asthénie matinale, une pâleur cutanée, des yeux cernés, être grognon ou susceptible, être agité, hyperactif, voire agressif, et manifester des troubles de l’attention ou de la concentration. “Sa dette de sommeil se manifestera par une prise de poids, des troubles du comportement alimentaire et des retard de croissance“, a ajouté la pneumologue. En conséquence, ses performances scolaires en seront affectées. Un dépistage précoce et une prise en charge multidisciplinaire permettront de répondre efficacement à cette pathologie qui gagne du terrain dans les rangs des plus jeunes, mais qui, heureusement, connait des réponses médicales et des traitements adaptés.

Activité physique et nutrition, au menu de la JNAS

Maria Saiz, kinésithérapeute à Rodez et Pierre Cerutti, enseignant en activité physique adaptée (APA) et membre salarié du réseau Partn’Air, ont, de leur côté évoqué, le matin et l’après midi, les bienfaits d’une activité physique pour les personnes souffrant d’apnée du sommeil. « L’objectif de l’activité physique adaptée est de prévenir l’apparition ou l’aggravation de maladies, d’augmenter l’autonomie et la qualité de vie des patients, voire de les réinsérer dans des activités sociales », a indiqué Maria Saiz en soulignant les nombreux bénéfices de l’activité physique et en rappelant qu’en la matière “c’est surtout la régularité qui compte !”. ” L’activité physique permet prévenir l´aggravation des maladies chroniques ou l’évolution vers un handicap, la morbi-mortalité cardiovasculaire, a-t-elle encore fait savoir aux personnes présentes. Elle contribue à l’amélioration du contrôle glycémique et une diminution de la fatigue“. En conclusion de son intervention et comme un signe d’encouragement, la kinésithérapeute a souligné qu’une perte de 10% du poids réduirait de 26% la gravité (fréquence et durée) des apnées du sommeil.

” La majorité des patients porteurs d’un SAS présentent une activité physique insuffisante“, a indiqué de son côté Pierre Cerutti. Reste que les bénéfices que l’on peut tirer d’une activité physique régulière sont loin d’être négligeables : ” Elle réduit le stress et l’anxiété, augmente la sensation de bien-être, participe au bon fonctionnement du cerveau (mémoire) et permet d’améliorer la qualité du sommeil“, note le spécialiste APA, pour qui les effets de l’exercice physique sont appréciables sur la capacité cardio-respiratoire, la diminution des somnolences, la qualité du sommeil et plus généralement pour un mieux-être global. Mais sa durée doit être au moins de 150 minutes par semaine avec une fréquence régulière de 3 à 5 fois par semaine. Autrement dit : chacun doit apprendre à promouvoir un mode de vie actif en réduisant, autant se faire que peut, les temps sédentaires. Avis au amateurs du canapé télé !


Sur un autre registre, Cécile Michaud (photo) a apporté aux malades apnéiques du sommeil présents à la JNAS son regard de nutritionniste diététicienne, en soulignant les liens entre sommeil, nutrition et poids. ” 77 % des Français ignorent que le manque de sommeil favorise la prise de poids” a-t-elle indiqué en introduction à ses propos. Un chiffre à mettre en regard avec le tiers de Français qui ne dorment que 6 heures ou moins par nuit, face à un besoin habituel de sommeil de 7 à 8 heures chez l’adulte. Mais un autre chiffre doit interpeler les mêmes Français : la moitié d’entre eux est en excès de poids !
“Une durée de sommeil inférieure à 6 heures expose à un risque accru de diabète”, a encore ajouté la diététicienne, ce qui entraîne des perturbations endocriniennes et du métabolisme du glucose. La prise de poids entraînant une modification des comportements, il importe de corriger la donne et d’envisager une prise en charge nutritionnelle en vue d’améliorer la qualité de l’alimentation pour une production hormonale favorable au sommeil. “N’hésitez pas à faire appel à une aide, à une écoute pour les changements alimentaires, vérifiez et adaptez vos quantités alimentaires et la
répartition de vos repas dans la journée
“, a conseillé Cécile Michaud à un auditoire attentif à ses conseils. En ajoutant : “Et à être accompagné pour faire durer ces nouvelles habitudes dans le temps“. Car au bout de la route, les bénéfices seront patents : une sensation de mieux-être s’en suivra, l’endormissement sera plus facile, la mobilité quotidienne sera améliorée et le souffle à l’effort progressivement retrouvé !

Forts de tous ces conseils, les participants ont quitté cette 15ème Journée nationale dédiée à leur pathologie avec dans leur besace une boite à outils utile qu’il leur appartient d’utiliser sans modération.

de G à D : Rachel Debs, Patrick Roux (FFAAIR), Nathalie Raymond,
Cécile Michaud, Jean-Paul Panaille et Maria Saiz
de G à D. : Cécile Michaud, Dr Madiha Ellaffi, Edith Rigal (ADIRA) et Pierre Cerutti


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