L'Ascop à Seyssuel (38) : Une rencontre amicale au Dynamic Club
Le 4 février dernier, le président du Dynamic Club a accueilli les adhérents et amis de l’ASCOP, présidé par Carlo Zerbini. La réunion a permis, lors d’une conférence animée par le Dr Michel Nasr, pneumologue, de s’informer utilement sur l’essoufflement, symptôme qui connaissent les malades respiratoire
Ce dernier a présenté les buts poursuivis par « l’Association pour la Santé et la Condition Physique » : rompre la solitude et l’isolement, informer sur divers sujets, liés à la maladie ou non, aider à la restauration de la qualité de vie, soutenir moralement les malades et aider à l’acceptation de leur maladie, constituer des grouper de parole, aider à l’arrêt du tabac, promouvoir la réhabilitation respiratoire ; il a rappelé pour la circonstance que le réentraînement à l’effort améliore la résistance physique, fait diminuer le taux de cholestérol et la tension artérielle, aide à la perte de poids et/ou à la stabilisation du poids, favorise le sommeil et a un effet bénéfique sur le moral. L’ASCOP a créé des groupes de marches dans cet esprit.
Carlo Zerbini a également indiqué que l’ASCOP fait partie de la Fédération Française des Associations et Amicales de malades et handicapés respiratoires. « La FFAAIR fédère les énergies car c’est tous ensemble que nous sommes forts », a souligné le président de l’ASCOP, qui a, par la suite, répondu aux nombreuses questions de la salle.
Au nombre de ces dernières, il a été demandé quels étaient les symptômes de l’apnée du sommeil. Il a été répondu qu’une grande fatigue permanente et une somnolence diurne figurent au nombre des symptômes aisés à identifier pour cette maladie.
Précisions sur l’essoufflement
Carlo Zerbini a ensuite laissé la parole au Dr Michel Nasr, pneumologue à Vienne. Ce dernier s’est présenté à l’assemblé et a annoncé que le titre son intervention, relative à l’essoufflement, qui est un « ressenti, car il est subjectif », a indiqué le médecin. La gêne peut se manifester pour remplir les poumons, pour vider l’air, elle peut même parfois donner une impression de mort imminente. Comment dès lors s’exprime cette gêne ? Pour le public présent, c’est surtout une impression de ne plus pouvoir avancer, une limitation à l’effort, une difficulté pour monter les escaliers
« La respiration, ce n’est pas que les poumons, c’est un ensemble de mécanismes pour amener l’oxygène aux poumons et au cerveau par le biais du sang dont le système de circulation est le cœur », a précisé le Dr Nasr. Le passage de l’oxygène dans le sang se fait à travers de la membrane des poumons. L’oxygène est dissous dans le sang et transporté vers les organes : cœur, poumons, muscles, diaphragme, et tous les organes doivent être en bon état de fonctionnement
L’essoufflement peut avoir plusieurs origines, a-t-il encore été précisé : mauvais fonctionnement des muscles, du cœur, du poumon, du système nerveux autonome qui commande tout. Au nombre de ses causes on trouve encore :
· Des causes pulmonaires : Chroniques tels l’asthme, BPCO (fermeture progressive des bronches ), fibrose pulmonaire, déformation de la cage thoracique,… ou aigus : crise d’asthme, embolie pulmonaire, pneumonie, pleurésie,…
· Des origines cardiaques également avec les divers accidents cardiaques
· Des causes métaboliques et musculaires: déconditionnement dans les contextes d’obésité et qui rejoint le diabète et l’apnée du sommeil.
· Et enfin des origines psychologiques : troubles du système nerveux autonome
Toutes ces causes conduisent à l’insuffisance respiratoire.
Soigner l’essoufflement
Il faut traiter la cause autant et aussi bien que possible, il faut avoir une bonne hygiène alimentaire, il faut se reconditionner à l’exercice.
Traiter la cause : le traitement doit être bien suivi, mais il est connu que les malades chroniques ne sont pas observant pour 60 % d’entre eux, l’arrêt du traitement n’est pas toujours signalé au médecin et de ce fait l’essoufflement n’est pas traité. Quand on prend plus de 3 médicaments, il y a interaction, le médecin doit optimiser le traitement.
Lutter contre la sédentarité : moins on fait d’effort plus il est difficile d’en faire. La sédentarité provoque un déconditionnement responsable de la gêne, les muscles s’usent si on ne s’en sert pas. Il est possible de se remettre à l’exercice à tout moment de sa vie, il suffit de faire des efforts. « Le déconditionnement entraîne la désocialisation d’où la dépression, l’invalidité, a rappelé le Dr Nask. Mais on peut éviter le déconditionnement en ayant une activité régulière adaptée qui permet de faire du muscle et de perdre de la graisse. »
Avec un retour régulier à l’activité physique, on retrouve le plaisir de bouger, qui redonne aussi le moral, d’autant plus que les progrès sont mesurables. Les conditions physiques du malade doivent être prises en compte pour adapter l’exercice mais ne sont pas une exclusion. L’activité physique peut revêtir des formes diverses, adaptées à chacun : gymnastique douce, marche, vélo ou autres, elle peut se pratiquer seul, avec des professionnels, dans le cadre d’une association de patients qui créent également un espace de convivialité et de parole.
Hygiène de vie : c’est une affaire de tous les instants, tout au long de la vie. Et surtout il faut arrêter le tabac, mesure indispensable pour un insuffisant respiratoire. Il faut également observer une bonne hygiène alimentaire. Car le surpoids gène la fonction respiratoire et ce poids est celui qu’il faut de plus porter, déplacer. Il faut dans ce cadre veiller à la dénutrition. Une perte de poids inexpliquée est également à prendre en compte.
Pour finir cette conférence, quelques questions ont été posée par la salle :
Quel est l’effet de la pollution ?
« La pollution agit sur les gens fragilisés. La pollution a changé et ne donne pas beaucoup de problèmes respiratoires, hormis les particules fines du diesel. L’effet du climat est plus important Le climat nord isérois change constamment et le système respiratoire doit s’adapter en permanence. Cela lui pose des problèmes. »
Quel effet ont les plantes sur la pollution intérieure ?
« Les plantes sont pourvoyeuses d’humidité, dégagent du gaz carbonique. L’effet des plantes sur la pollution intérieure n’a pas fait l’objet d’une étude scientifique. »
Grippe H1N1 : faut-il encore se faire vacciner ?
« En avril 2009, un nouveau virus à évolution rapide, fortement contagieux, a été découvert. Le seul facteur de risque est l’obésité. Le vaccin est sans risque. Il n’y a eu qu’un seul pic épidémique. Le vaccin était efficace en septembre. Faut-il encore se faire vacciner ? La Société des Pneumologues de Langue Française (SPLF) le conseille. »
Qu’est-ce un voile au poumon ?
« C’est généralement une maladie infectieuse, parfois une primo infection, la tuberculose, une pneumonie. Ce terme n’est plus usité. »
Quand on éternue, le cœur s’arrête parfois, est-ce dangereux ?
« C’est un malaise vagal mais ce n’est pas grave »