Site mis à jour le 07-09-2010

Vu et lu dans la presse,

 

Vaccin grippe A : ce que vous devez savoir La Dépêche

Grippe A. La campagne de vaccination hiérarchique et massive de la population qui se profile pour la mi-octobre, est loin de faire l'unanimité.

 


Les campagnes de vaccination

«Faites vous vacciner, faites-le sans tarder »… La phrase est de Roselyne Bachelot, la semaine dernière à l'occasion du lancement de la campagne de vaccination nationale contre la grippe saisonnière. Le virus est connu, observé, traité par un vaccin connu, homologué et sans adjuvants…

Sur le front du H1N1, ça va plus vite. Beaucoup plus vite. La course contre la montre engagée ces derniers mois, n'a laissé qu'un temps exceptionnellement court aux chercheurs pour mettre au point un vaccin et effectuer les tests sur quelques milliers de cobayes.

D'où la question récurrente au fur et à mesure qu'approche l'échéance de l'épidémie. Ne risque-t-on pas de voir apparaître un grand nombre d'effets secondaires consécutifs à une vaccination de masse ?

La députée européenne Michèle Rivasi s'en est officiellement ouverte au ministre de la Santé. Dans sa lettre, elle réclame plus de transparence sur la nature des 94 millions de doses commandées, notamment sur les adjuvants, des molécules ajoutées (ou pas) pour augmenter l'efficacité d'un vaccin. Dans L'Express, le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l'Institut des maladies infectieuses au Kremlin-Bicêtre se montre plus rassurant. Les effets secondaires sont « inévitables » dit-il. De l'ordre de une personne vaccinée sur un million. Il ajoute que « les résultats récents sur l'anti-H1N1 sans adjuvants, pourraient résoudre le problème ».

De son côté, Roselyne Bachelot ne tergiverse pas : « Les meilleurs experts français et internationaux disent que les adjuvants permettent d'utiliser moins de souches virales et donc de vacciner plus de personnes » dit-elle. Ils nous signalent aussi que l'immunité acquise est meilleure. »

Alors, vaccination de masse ou pas ? La polémique sur le vaccin de l'hépatite B a rendu difficile toute communication sur le sujet. Et aujourd'hui, seuls 52 % des médecins libéraux déclarent « être prêts à se faire vacciner » contre le H1N1. Selon un sondage Ifop/Le Quotidien des médecins, 46 % n'y sont pas prêts, dont 28 % « certainement pas » et 18 % « probablement pas ». Le Conseil de l'ordre a tranché mardi en encourageant « vivement » tous les médecins à être des « vaccinateurs », « à se faire vacciner et inciter leurs patients à faire de même ». Dont acte.

ZOOM

Une piqûre en cache une autre

Si les campagnes de vaccination contre la grippe promettent de s'enchaîner, la confusion n'est pas permise. Dès le 25 septembre, la première vague concernera la grippe saisonnière et sera dirigée en priorité, comme chaque année, vers les plus de 65 ans. À ce détail près : cette fois-ci, il est recommandé de se faire vacciner à « très bref délai ». D'une part parce qu'il faut compter 15 jours entre la vaccination et l'apparition d'une immunité. D'autre part pour respecter le plus tôt possible les trois semaines nécessaires entre cette injection et celle de la dose anti-H1N1. « En aucun cas, a précisé Roselyne Bachelot, les deux vaccinations ne doivent être confondues. Il s'agit de deux campagnes séparées et clairement différenciées. Elles ciblent une même pathologie, la grippe, mais deux types de virus grippaux aux caractéristiques bien différentes ».

Objectif : vacciner les trois quarts des deux populations concernées. Les plus de 65 ans et les patients atteints d'une affection de longue durée (ALD) bénéficient d'une prise en charge à 100 %.

Vrai / faux

Ce qu'il faut savoir :

Il existe des symptômes spécifiques à la grippe A comparée à une grippe saisonnière . VRAI

L'apparition brutale des symptômes grippaux (courbatures, maux de tête, fièvre, fatigue) caractérise la grippe A. Une chute de la température au-dessous de 35°ou une accélération du rythme respiratoire ou cardiaque sont des signes d'aggravation.

Mon employeur peut me forcer à me faire vacciner. FAUX

Personne ne peut forcer quelqu'un à pratiquer un acte médical. Même les populations prioritaires ou les parents dont les enfants sont concernés par des campagnes de vaccination scolaire ont le droit de dire non aux injections.

La vaccination sera gratuite. VRAI

Elle sera proposée à toute la population qui le souhaite pendant quatre mois. L'Assurance maladie enverra des bons de vaccination aux demandeurs qui n'auront pas d'avance de frais à effectuer.

Une seule injection est nécessaire. VRAI et FAUX

Une quantité limitée de vaccins monodoses sera réservée «aux personnes à risque qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs collectifs de vaccination». Pour les autres, deux doses injectées à trois semaines d'écart et provenant absolument du même laboratoire sont prévues.

Le vaccin de la grippe A protège contre la grippe saisonnière. FAUX

Le vaccin contre la grippe A a été conçu spécifiquement contre la souche d'origine mexicaine du H1N1. L'injection du vaccin grippal saisonnier en premier est recommandée, espacée de 21 jours avec le vaccin contre la grippe A.

Le vaccin est déconseillé aux enfants en bas âge. FAUX

Il n'est pas adapté aux nourrissons mais à partir d'un an, les enfants peuvent être traités.

Il n'existe qu'un seul vaccin qui contient des adjuvants. FAUX

Le vaccin le plus courant contient des adjuvants mais un vaccin sans adjuvant est à l'étude. Il sera recommandé aux nourrissons de 6 à 23 mois, aux femmes enceintes et aux porteurs de maladies du système immunitaire.

L'hygiène est le premier rempart contre la grippe A. VRAI

Des gestes simples permettent de ralentir la propagation du virus : se laver les mains fréquemment (plus de 10 fois par jour) avec une solution hydroalcoolique, utiliser des mouchoirs imprégnés d'alcool, porter un masque, des gants, une blouse, isoler les malades.

Pandémie : la course contre-la-montre

La grande offensive du virus de la grippe A est attendue aux alentours du 15 octobre même si déjà, des écoles ferment et 28 décès sont à déplorer en France depuis le début de la propagation.

Côté vaccin, les essais cliniques ont été réalisés sur plusieurs centaines de personnes âgées de 18 à 50 ans. Selon les équipes médicales, « ils sont encourageants ». Le Français Sanofi, a mis au point un vaccin efficace avec une seule dose, Novartis aussi. Les deux laboratoires continuent à travailler sur des injections sans adjuvants.

Reste une équation à plusieurs inconnues : la mise sur le marché arrivera-t-elle au bon moment ? Tout le monde sera-t-il malade en même temps vu la vitesse de propagation du virus ? Aura-t-il capacité à muter comme le redoutent les spécialistes ?

Même si un milliard d'euros a déjà été dépensé pour l'achat de vaccins et de masques, on sait déjà qu'il n'y aura pas assez de doses pour tout le monde avant avril 2010. D'où la publication d'une liste de citoyens prioritaires dont les femmes enceintes pour qui, le ministère de la Santé l'a affirmé, le vaccin sera sans adjuvant. Aux autres, à tous les non prioritaires, il ne reste qu'à se prémunir en respectant les règles d'hygiène et le port du masque.


© Copyright FFAAIR.com 2006/2007 - Tous droits réservés - Réalisation Deuzasdesign Nos sites internet : Apnée du sommeil BPCO Forum FFAAIR