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Congrès 2016 de la FFAAIR : des associations bien mobilisées

La FFAAIR a tenu au mois de mars, à Saint-Brévin-les-Pins, son 28e congrès annuel en présence d'une centaine de membres de la fédération, présidents et délégués. Au menu, deux journées bien remplies.

Joël Olive, président de Jad’Air et son épouse Mireille auront réussi le tour de force de préparer et de réussir dans d’excellentes conditions cette 27e rencontre des membres de la FFAAIR. La salle du congrès était bien remplie à l’ouverture des journées et le public extérieur est venu en nombre pour assister aux différentes conférences organisées sur l'apnée du sommeil, l'asthme et la BPCO ou encore la dépendance au tabac. Les auditeurs étaient très attentifs et intéressés par les exposés des médecins venus pour la circonstance à la rencontre des malades et de leurs familles.

 

 

 

 

 

 

 

Michel Vicaire, président de la FFAAIR, a accueilli, en ouverture des conférences du matin, le Dr Eric Michaud, pneumologue à Saint-Nazaire, pour son exposé sur le syndrome d’apnées du sommeil et les conséquences en cas de non-traitement. Après un rappel sur ce qu’est l’apnée du sommeil, le médecin a développé les symptômes et maladies qui peuvent être associés à cette pathologie du sommeil. « Dans l’année ou  les années qui précédent le diagnostic d’apnée du sommeil, on observe, chez les apnéiques du sommeil, une augmentation de la consommation médicale, de l’absentéisme, de l’invalidité », a souligné le pneumologue, en ajoutant que l’on sait désormais que la maladie constitue un facteur de risque pour l’adaptation au travail, quel que soit le travail impliqué, le rythme. Concernant la conduite automobile, il a indiqué que des études ont montré que seuls 4 % des personnes souffrant d’apnée avaient une somnolence apnéique comportementale, c’est-à-dire qu’ils s’endormaient au volant. « Ce sont des gens qui se déclarent vigilants et indiquent qu’ils s’arrêtent s’ils se sentent somnolents ». Le Dr Michaud a ensuite évoqué l’impact d’autres maladies, telles le diabète – quand on a un terrain qui favorise les apnées, on a plus de risque de faire des diabètes – ou les risques cardio-vasculaires (hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral, coronopathie, insuffisance cardiaque) induits par l’hypoxie intermittente (baisse du niveau d’oxygène quand vous vous arrêtez de respirer) et les micro-réveils. « Les cardiologues nous disent qu’un patient avec une apnée du sommeil doit avoir un bilan de l’insuffisance cardiaque complet. On peut être diabétique, on peut être hypertendu mais lorsque l’on a les deux, cela crée plus de problèmes au niveau des vaisseaux ». Il a conclu par l’énoncé des trois groupes d’apnéiques du sommeil qu’identifient désormais les médecins : les patients au sommeil perturbé, qui vivent une vie normale ; les patients peu symptomatiques (hypertendus ou diabétiques) ; les malades hyper somnolents, qui s’endorment aisément à des moments non prévus. « On est passé d’un groupe monolithique de gens qui étaient en surpoids ou avec une petite bouche et une grosse langue, à une optique tout à fait différente. Et ces différents phénotypes ne se présentent pas de la même façon, n’évoluent pas de la même manière ».

 

 

 

Le Pr Antoine Magnan, pneumologue à l'Institut du Thorax de l'Hôpital Laënnec, à Nantes, a ensuite développé le sujet des différences et similitudes que pouvaient présenter l'asthme et la BPCO. La première maladie intervient en général avant 45 ans. Elle relève souvent d’antécédents familiaux et se déclare souvent dès l’enfance. La seconde apparaît après 45 ans, conséquence d’un tabagisme excessif dans la majorité des cas, qui occasionne des exacerbations avec des infections bactériennes. La première atteint moins le poumon et n’entraîne pas d’atteinte vasculaire, ni d’insuffisance respiratoire. Ce qui n’est pas le cas de la seconde, qui requiert souvent de l’oxygène. « L’asthme et la BPCO sont deux maladies distinctes, aux thérapies différentes et qui nécessitent deux types de prise en charge », a fait savoir le pneumologue, en indiquant que dans certains cas, il peut y avoir des phénomènes de chevauchement.

 

BPCO : une maladie insidieuse
Après la présentation par Michel Vicaire de SomRespir, le carnet en ligne des patients insuffisants respiratoires et une inauguration officielle de la rencontre par le maire de la commune de Saint-Brévin-les-Pins, M. Yannick Haury, la journée s'est poursuivie par un exposé du Pr François-Xavier Blanc, pneumologue à Institut du Thorax, à l'Hôpital Laënnec de Nantes, sur la BPCO et le diagnostic de la sévérité de la maladie.« Le degré de sévérité de la BPCO est déterminé par plusieurs facteurs qui permettent de définir un traitement médicamenteux individualisé, a expliqué le pneumologue. L’analyse de la sévérité va donc permettre de choisir différents traitements que l’on va adapter en fonction du degré de sévérité. » Caractérisées par une limitation chronique des débits aériens, la BPCO peut s’aggraver lentement et progressivement – surtout si l’on ne fait rien - à la différence de l’asthme où l’on peut avoir, pendant des années, des rémissions. Elle regroupe les bronchites chroniques, avec obstruction bronchique, et les emphysèmes. Les premières, quand elles sont simples, ne sont pas nécessairement des BPCO. Par contre, une bronchite chronique avec obstruction ne peut être diagnostiquée qu’après avoir fait une radio et un test dit EFR. Quant à l’emphysème, il s’agit d’un élargissement anormal et permanent des espaces aériens situés au-delà des petites bronches  terminales, associé à une destruction des parois alvéolaires et sans fibrome. Les poumons sont grands, mais la capacité respiratoire est faible. « L’installation de cette bronchite chronique est souvent insidieuse. Les patients fumeurs considèrent qu’il est normal de tousser, note le pneumologue. On essaie de militer pour que les médecins généralistes dépistent plus rapidement ces symptômes. Il suffit ensuite de faire faire des EFR au malade pour dépister plus tôt une BPCO, si elle existe,  afin de proposer des traitements plus précoces et éviter d’arriver à un diagnostic de stade sévère. » En France, plus de 600 000 patients sont atteints de BPCO sévère (entre 30 et 50 % de volume d’air maximum expiré ou VEMS).  « Cette sévérité, liée au degré d’obstruction des tuyaux, conditionne le pronostic global. Elle a un impact direct sur l’état de santé du patient. Elle conditionne aussi le risque de faire des complications, ce que l’on appelle des exacerbations. » Côté traitement, ses objectifs seront d’améliorer les symptômes, la tolérance à l’effort, de diminuer les exacerbations en fréquence et en sévérité. « Mais aucun traitement médicamenteux n’a prouvé son efficacité sur la dégradation de la fonction respiratoire. Au mieux, on peut stabiliser les choses », résume le Pr. Blanc pour qui le sevrage tabagique est fondamental pour améliorer le pronostic de cette maladie et le suivi régulier avec un pneumologue est majeur, car il pourra détecter une éventuelle aggravation de la maladie. 

Tabac : sortir de la dépendance

Ce cycle de conférences de la première journée du congrès s'est achevé par un dernier exposé du Dr Nicole Stranger, tabacologue attachée à l’hôpital de Nantes, sur la dépendance au tabac et le sevrage tabagique. Pour celle qui intervient également pour la Fondation du Souffle en milieu scolaire et auprès du grand public, la dépendance au tabac est une triple dépendance. Celle-ci est pharmacologique ou physique, psychologique et  enfin comportementale.  « Elle est un phénomène qui empêche certains fumeurs d’arriver à leur objectif  parce que l’envie de fumer est forte, parfois obsessionnelle ». La première des dépendances est avant tout une histoire de nicotine qui va aller jouer sur le système de récompense cérébrale. De son côté, la dépendance psycho comportementale est un ensemble d’éléments. « Comme le chien de Pavlov, le fumeur met en place des associations avec des lieux ou des situations particulières qui seront mis en mémoire de manière profonde. » Enfin, il y a les émotions : elles vont s’enrouler dans ces habitudes, qu’elles soient positives ou négatives. Face à ces dépendances, des méthodes existent pour arrêter de fumer. « Quelquefois on va arrêter une demi-journée, une journée, une semaine, un mois et puis, pour certains, toute la vie », note la tabacologue. En un mot, il faut souvent faire plusieurs essais ! Des médicaments existent pour accompagner cette sortie, ainsi que des substituts nicotiniques. Sans oublier la cigarette électronique, une aide à l’arrêt pour ceux qui ont une dépendance à la nicotine, que l’on associe souvent à un patch. L’entretien motivationnel qui a été validé, les thérapies cognitivo-comportementales, l’auriculothérapie, l’hypnose qui a le vent en poupe, sont autant de méthodes additionnelles. En un mot, les solutions pour une sortie du tabac et de sa dépendance sont nombreuses. « Il faut décortiquer tous les éléments avec le fumeur et l’aider à trouver ses solutions propres », conclut Nicole Stranger.

Jean-Jacques Cristofari

Retour sur images :

Les participants au congrès de Saint-Brevins-les-Pins n'ont pas manqué, comme il est de coutume, d'aller plusieurs fois à la rencontre des nombreux stands de fabricants, laboratoires et prestataires présents pour la première journée. Ici aussi les échanges d'informations et les questions sur la qualité des matériels, produits ou prestatations ont été  fructueux et nombreux.
Rendez-vous a été pris pour l'année prochaine à Mulhouse, où l'association AIRSA, présidée par Marie-Agnès Wiss, accueillera le 29è congrès de la FFAAIR.

 




 

 

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