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Déserts médicaux : faut-il réguler l'installation des médecins ?

Le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) a commandé un sondage à BVA (1) portant sur ce que souhaitent les Français pour résoudre la question des déserts médicaux. Plus de la moitié (54 %) des sondés se disent favorables à "une régulation forte à travers une installation validée par l'Etat au cas par cas en fonction du nombre d'habitants sur le territoire". Seulement 24 % partagent l’opinion selon laquelle les médecins doivent continuer à s’installer là où ils le désirent.

22% des Français intérrogés soutiennent "une régulation consistant simplement à ne pas permettre aux médecins de s'installer là où ils sont en surnombre". Enfin, 24% "partagent au contraire l'opinion selon laquelle les médecins doivent continuer à s'installer là où ils le désirent", note le Ciss dans un communiqué. Ce dernier souhaite un "conventionnement sélectif "des médecins par l'assurance maladie à leur installation, à l'instar des infirmiers libéraux qui ne peuvent s'installer dans une zone surdotée que si un confrère cesse d'y exercer.

Que répondent les candidats à la présidentielle à cette attente des Français ?

"Seuls 5 candidats sur 16 proposent des mesures de régulation de l’installation des médecins", répond le Ciss. Benoît Hamon et de Jacques Cheminade sont pour le conventionnement sélectif comme réponse aux déserts médicaux. Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite développer un corps de médecins généralistes fonctionnaires, se prononce pour une "autorisation administrative" à l'installation.  Bastien Faudot évoque l’instauration d’une « carte médicale » et enfin Nathalie Arthaud évoque le principe de régulation mais sans en préciser les modalités.

François Fillon est le candidat qui met le plus en avant les aides financières : majorations des honoraires des médecins exerçant dans un désert médical, valorisation spécifique du travail en équipe dans ces territoires, rémunération des stages qui y sont réalisés, prise en charge des transports pour les médecins qui s’y rendent ou d’aides au logement pour ceux qui y résident. Des aides qui sont également appelées de leurs vœux par Jacques Cheminade et Nicolas Dupont-Aignan, mais sans en développer autant la nature. Enfin Marine Le Pen souligne sa volonté de proposer des mesures incitatives mais sans en préciser les modalités.

"La grande majorité de nos concitoyens ne comprendrait pas qu’un prétendant aux plus hautes responsabilités de l’Etat se prive d’emblée d’un levier d’action essentiel pour répondre à un enjeu aussi primordial de l’égalité d’accès aux soins", note le Ciss.

(1) Sondage BVA réalisé du 24 au 25 février 2017 par téléphone auprès d'un échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

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